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Tribunes

Cartographie estivale

Cartographie estivale

Par Aslan Berjeb* 

 

Malgré cette situation générale morose, les plages sont bien garnies et les festivals ne désemplissent pas, et c’est mieux ainsi ! 

 

Le peuple essaie de se divertir tant bien que mal pendant cette saison estivale et oublier cette année très difficile pour le moral, sa poche, l’éducation de ses enfants et dernièrement, l’opération terroriste de Jendouba et les coupures inhabituelles d’eau. 

 

L’apathie qu’il a démontrée pour la politique s’est encore accentuée par les déceptions liées aux derniers développements de la guerre à distance chef du gouvernement - Président qui a encore effrité leur parti politique. Personne n’arrive à voir le bout du tunnel et à concevoir une sortie de crise tellement les inconnues de cette équation sont multiples. Une chose est sûre, un seul parti politique continue à être égal à lui-même, pèse lourd, dialogue avec celui qui lui fait plus de concessions non sans lui imposer des conditions. Il reste donc à la hauteur de ses ambitions long-termistes.

 

 

L’autre acteur qui nous a habitué à se comporter en vrai dirigeant suprême de l’Etat s’est éclipsé ses derniers jours changeant ses revendications d’élimination suite aux derniers accords à spectre large signés avec le chef du gouvernement pour, par la suite, revenir de nouveau à la charge ses dernières heures renouvelant au Président sa demande de départ de YC. 

 

Le reste de la cartographie de la scène politique est affligeant et varie entre :

 

- Le pathétique de ce qui reste du parti des opportunistes sauvegardant âprement les intérêts des rentiers non sans exposer leurs déboires et leurs immoralités,

- Le contrariant des partis progressistes qui n’arrivent pas à se rendre compte de leurs limites et insignifiance et à mettre de côté leurs égos démesurés, 

- Et une gauche qui préfère se faire oublier et continuer à jouer un rôle qui lui sied à merveille, celui qui ne veut jamais être au pouvoir. 

 

 

Tout aussi déterminants dans les dernières tergiversations stratégiques, les bailleurs de fonds internationaux continuent à imposer leur diktat (valeur du dinar, prix de l’énergie, âge de la retraite, secteur public, caisses sociales...) et surtout à jouer au régulateur dans la guerre fratricide de l’exécutif en apportant leur soutien au chef du gouvernement. 

 

Si la cartographie est simple à dresser la typologie de l’avenir paraît très imprévisible mais pas désespérée. 

 

Pour ne pas l’être, il faudrait que le chef de l’Etat, symbole de son unité, avoue ses échecs ; le gouvernement d’union nationale s’est enlisé, s’est ensablé et va bientôt se briser.

 

 

La clef semble incontestablement rester entre ses mains. Une clef qui ne doit pas être utilisée pour l’intérêt de la famille, ni être laissée sous le paillasson. L’intérêt de la nation doit primer. N’oublions pas qu’il est censé de par le serment qu’il a prêté veiller à ses intérêts et lui être loyal. Pour cela, l’article 99 semble être la solution idéale. 

 

En opérant ainsi, il aura pensé à l’intérêt de la Tunisie, aura abandonné sa zone de confort et aura connu le vrai poids du chef du gouvernement. S’aventurerait-il à le faire ou devrait-il préalablement être sûr et certain que le gouvernement tombera à l’issue de ce vote ? 

 

Pour rappel, l’article 99 stipule : « Le Président de la République peut demander à l’Assemblée des représentants du peuple de procéder à un vote de confiance au gouvernement, au maximum 2 fois pendant le mandat présidentiel. Le vote se fait à la majorité absolue des membres de l’Assemblée des représentants du peuple. Si cette dernière ne renouvèle pas sa confiance au gouvernement, il est considéré démissionnaire, et le Président de la République se charge de désigner la personnalité la plus apte à former un gouvernement dans un délai de 30 jours conformément aux paragraphes 1, 5 et 6 de l’article 89.

En cas de dépassement du délai ou si l’Assemblée n’octroie pas sa confiance au nouveau gouvernement, le Président de la République a le droit de dissoudre l’Assemblée et d’appeler à la tenue d’une élection législative anticipée dans un délai minimum de 45 jours et maximum de 90 jours.

En cas de vote de confiance au gouvernement par deux fois, le président de la république est considéré démissionnaire ».

 

*Avocat à la cour de cassation 

 

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Commentaires (3)

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J.trad
| 29-07-2018 09:12
Ces lois me semblent bizarres, c'est de la pure perte de temps ,ces votes ,ces sondages ,qui fusionnent dans des tourbillons de rages , d'absurdes gages , je ne comprends pas comment l'Université si féconde ,ne propose pas des têtes bien faîtes !!!! j'entends dire tel est docteur en sciences politiques ,alors pourquoi ,on ne tire pas au sort,le nom qui sort ,il faut le soutenir et le laisser partir dans l'?uvre ,la politique ,c'est du savoir ,les thèses se comptent par milliers ,il suffit d'une table ronde ,comme celle que le roi Arthur avait conçu ,autour de laquelle la responsabilité est partagée ,hmill ejjmâa rich ,c'est comme majliss chourâa , une assemblée qui rayonne comme le soleil sur tout le paysage politique ,un noyau dur t fort par la confiance du peuple ,une assemblée éclairée ,par la foi en dieu ,et par les données du capital financier , qui doit tourner sous l'égide du bon sens ,Al ahamm qabla almouhimm

Nephentes
| 23-07-2018 21:25
Le bon peuple tunisien se prélasse.

La quasi-totalité de nos plages se parent de troupeaux bigarrés et trépignants,

le sable se colore d'une belle teinte ordurière, et la mer de traînées huileuses et organiques.

Les plages publiques du Cap Bon, ainsi que les villes de Hammamet, Nabeul, Kélibia et Korba se chamarrent d'hordes improbables venues achever un éco-système déjà mal au point.

Effet de dépaysement garanti pour la populace slave et germanique, notamment au centre ville d'Hammamet;

reste à savoir si ce dépaysement sera apprécié à sa juste valeur.

Progressiste
| 23-07-2018 14:42
Hélas l'architecture que vous avez présenté est bien réelle. Par contre, il me semble que le rôle joué par l'acteur UGTT est manquant.

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