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City Cars : Des avancées malgré les multiples contraintes !

City Cars : Des avancées malgré les multiples contraintes !

 Malgré une conjoncture économique difficile, des quotas en baisse et un glissement important du dinar, le concessionnaire de Kia Motors en Tunisie, City Cars, a terminé l’année 2017 deuxième du marché VP, avec une part de marché de 9,4% et un résultat consolidé en hausse. C’est globalement ce qui ressort de l’Assemblée générale ordinaire (AGO) pour l’exercice 2017, tenue ce mardi 5 juin 2018 au siège de la société au Kram.

 

 

L'assemblée s'est tenue sous l’égide d’Amel Bouchamaoui, présidente du Conseil d’administration, des deux membres du Conseil Mohamed Chabchoub et Firas Saied ainsi que de Mehdi Mahjoub son directeur général. Les actionnaires étaient satisfaits des performances de l’entreprise puisqu'ils auront droit cette année à un dividende brut de 0,920 dinar par action (le même que l’année dernière), mis en paiement à partir du 5 juillet 2017. Ils auront aussi dorénavant un nouveau représentant au conseil d’administration, élu par leurs soins. Une avancée.

 

 

Le secteur automobile, bien qu’il soit la vache laitière du gouvernement en termes d’entrée fiscale, est un secteur fermé, très contrôlé, très réglementé et régi par le système des quotas, qui l’accable et ne le laisse pas évoluer. Il faut dire qu’en Tunisie, les règles du jeu changent tous les jours et on ne sait plus sur quel pas danser. Pire, depuis la révolution, les différents gouvernements qui se sont succédé n’ont pas cessé de revoir les quotas, selon leur convenance et surtout selon la situation des finances publiques. Le comble, c’est que les concessionnaires n’ont aucune visibilité et parfois ne peuvent même pas établir leur plan d’importation alors que l’élaboration d’un business plan devient chose impossible, dans les conditions actuelles du pays.

En 2017 et malgré l’entrée de 6 nouvelles marques automobiles, les quotas ont été réduits de 10% par rapport à ce qui a été convenu initialement avec les concessionnaires, pénalisant de ce fait la marque coréenne qui a perdu 2 points de part de marché. Ses ventes se sont situées ainsi à 4.375 véhicules fin 2017.

 

 

«City Cars a tenu ses promesses et réalisé des résultats exceptionnels, malgré la conjoncture, mais surtout la société continue son effort d’investissement», a affirmé Mme Bouchamaoui à l’ouverture de la séance. Après son siège du Kram et les diverses agences, la société est actuellement en train de finaliser, à travers sa filiale Logistic Cars, son centre de logistique, l’un des plus modernes du secteur, dans la zone industrielle de M’hamdia, et qui assurera le stockage, la préparation et la livraison des véhicules. Il s’agit d’un investissement de 10 millions de dinars qui permettra le recrutement d’une cinquantaine de personnes à son lancement prévu fin septembre 2018, et où la priorité sera donnée aux habitants de la région, précise la présidente du Conseil d’administration. En outre, la société a tenu une autre de ses promesses faites lors de la dernière assemblée : l’élection du représentant des petits porteurs : des élections qui se sont tenues le jour même en présence d’un huissier de justice. Abderrahmen Mohamed Akkari a été, ainsi, élu contre deux autres candidats qui se sont présentés.

 

Pour revenir aux performances de City Cars, le concessionnaire a enregistré, en 2017, une baisse de 4,1% de son résultat net, qui est passé de 14,1 millions de dinars à 13,52 millions de dinars (MD), avec un impôt de plus de 4MD. Chose assez prévisible, vu que les quotas ont baissé et que le dinar s’est déprécié. Le chiffre d’affaires de la société a augmenté, pour sa part, de 1,4%, évoluant de 157,83 MD en 2016 à 160,06 MD en 2017. L’activité vente des véhicules neufs ayant rapporté 154,93 MD (+10,2%) alors que l’activité après-vente a rapporté 5,08 MD (+57,1%). Des résultats réalisés alors que le dinar s’est déprécié de 5,8% face au dollar et de 19,8% face à l’euro, en 2017.

Pour sa part, le résultat net consolidé s’est situé à 14,81 MD en 2017 contre 14,40 MD en 2016, en hausse de 2,8%. Le chiffre d’affaires consolidé a affiché une hausse de 10,7%, progressant de 162,66 MD à 167,21 MD, entre 2016 et 2017.

 

 

Malgré une conjoncture difficile, la société a tout fait pour la réalisation des promesses faites lors de son introduction en bourse. Le taux de réalisation du business plan avoisine les 100% et les dépasse en termes de distribution de dividende, a indiqué M. Mahjoub. Sur les 5 dernières années, la société n’a pas cessé d’évoluer et d’investir.

 

 

L’annonce de la baisse des quotas de 20% pour 2018 s’est directement répercutée sur l’action City Cars qui a enregistré, courant 2017, une baisse de 31,7% passant de 15,510 dinars fin 2016 à 10,600 dinars fin 2017. Une baisse qui s’est accentuée à partir de novembre 2017, date de l’annonce et tous les titres côtés du secteur automobile y ont été touchés. Ceci dit, suite à la divulgation des résultats de la société, le cours est reparti à la hausse, atteignant la veille de l’assemblée 12,360 dinars, soit une augmentation de 13,2%.

Autre point, le concessionnaire continue le développement de son réseau qui passe à 16 agences en 2017 et atteindra 19 fin 2018.

 

Ouvrant le débat, Moncef Ouaghlani, secrétaire général de l'Association de promotion du marché financier, s’est interrogé sur la hausse des charges financière ainsi que sur ce qui a été fait pour lutter contre le marché parallèle.

En réponse, Mehdi Mahjoub a expliqué qu’il s’agit de pertes de changes ainsi que d’escompte pour des ventes leasing. A cause de la crise, la société accepte d’être payée après 30 et 45 jours par les sociétés de leasing alors qu’elle exigeait avant un payement au comptant.

S’agissant du marché parallèle, le DG a évoqué la dernière avancée en date celle de l’incessibilité d’un an des véhicules ayant bénéficié du régime FCR. «Ce qui a arrêté net l’évolution de ce marché», a-t-il affirmé.

Concernant la voiture populaire, M. Mahjoub a précisé que City Cars a pratiquement importé tout son quota et que les 100 dernières arrivent, ce mois-ci. La société a déjà écoulé 350 Picanto populaire. Il explique cette décision par le fait que le ministère, contrairement aux autres quotas, a l’intention de redistribuer le reliquat et City Cars compte en profiter.

 

 

Mustapha Chouaïb a sollicité, quant à lui, des détails sur le taux d’intérêt pratiqué et sur les investissements de la société pour bénéficier des réductions sur impôt, estimant que les 4 MD de dinars d’impôt payés par la société est un montant élevé. Il a demandé aussi si l’élection du jour été en remplacement du CTKD qui a quitté le conseil, après avoir venu ses actions.

A ceci, M. Mahjoub a répondu que la société bénéficie d’un taux préférentiel chez les banques avec lesquelles elle traite. Il a souligné que l’investissement fait par City Cars Gros est un investissement exonéré étant localisé dans la zone défavorisée de la M’hamdia. Par contre, il a été ferme en ce qui concerne l’impôt : «Pour gagner plus, il faut payer plus d’impôt. Chaque société doit s’acquitter de ses impôts pour supporter le pays et le faire avancer».

Firas Saied a, pour sa part, précisé qu’il s’agit d’un nouveau membre au conseil d’administration pour représenter les actionnaires minoritaires et non pas le remplacement du siège vacant de la CTKD.

Abdessatar Ibrahim a demandé si la société ambitionnait de conquérir des marchés africains. En réponse, le DG a estimé que «aller en Afrique est hasardeux», le marché africain n’étant pas assez structuré et majoritairement parallèle. Ceci dit, il n’écarte pas l’idée de s’étendre en Afrique du Nord où le marché est structuré.

 

 

Le projet de montage (Complete Knock Down-CKD) des modèles K2700 et K2500 est à l’étude dans le département R&D et homologation du constructeur et le conseil espère annoncer de bonnes nouvelles pour la fin de l’année 2018, a indiqué le conseil.

S’agissant de l’activité véhicules d’occasion, City Cars a obtenu il y a quelques semaines le cahier des charges du ministère du Commerce. Elle s’apprête à démarrer cette nouvelle activité début juillet dans son ancien siège de rue Ali Darghouth.

 

Malgré une conjoncture difficile, une diminution de 20% des quotas et de nouvelles taxes imposées en 2018, City Cars est en train d’avancer, cherchant à profiter de toutes les opportunités qui se présentent.

«Nous avons présenté un business plan au conseil et le résultat de 2018 sera meilleur que celui de 2017, s’il n’y a pas de nouvelles restrictions», a promis Mehdi Mahjoub.

 

Imen NOUIRA

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