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Magasin Général : Du bon dans du mauvais !

Magasin Général : Du bon dans du mauvais !

 

Inflation, baisse du pouvoir d’achat, prolifération du marché parallèle, malgré cette situation économique difficile qui touche de plein fouet le secteur organisé et notamment la grande distribution, Magasin Général a su tirer son épingle du jeu. Certes, certains projets sont temporisés, notamment celui de son premier hypermarché Auchan, mais l’enseigne a presque doublé ses gains au titre de 2017. Un exploit vu la conjoncture. Focus.

 

C’est dans une ambiance conviviale que s’est tenue, ce mardi 12 juin 2018, l’Assemblée générale ordinaire de la société à la Maison de l’Entreprise en présence du président de son Conseil d’administration Tahar Bayahi et du directeur général Hédi Baccour.

 

 

Magasin Général (MG) a ainsi réalisé un résultat net bénéficiaire en hausse de 82,19%passant de 12,14 millions de dinars en 2016 à un 22,13 millions de dinars (MD) en 2017, malgré un impôt de 3,86 MD. Ses actionnaires auront droit cette année, à compter du 31 août 2018, à un dividende de 0,7 dinar par action. En outre, le cours de l’action est passé de 25,680 dinars début de 2017 à 39,500 dinars fin 2017, offrant une belle plus-value aux actionnaires de la société.

La société a enregistré un chiffre d’affaires (CA) HT en hausse de 2,12%, qui a évolué de 841,72 MD en 2016 à 859,19 MD en 2017. Ses charges d’exploitation ont évolué de 869,13 MD à 851,28 MD, pour cette même période, avec une hausse des charges personnel de 10,3%.

Pour le groupe, le résultat passe de 5,81 MD en 2016 à 10,43 MD en 2017. Un résultat réalisé en grande partie, 5,8 MD, des remontés des dividendes au titre de 2016 des sociétés filiales et notamment à la Centrale Magasin Général.

 

L’enseigne continue l’expansion de son réseau, le nombre de points de vente passant de 83 à 91 entre 2016 et 2017. Elle a eu le permis de vente d’alcool à Médenine, à partir de du 1er avril 2017. «L’emplacement est très important et il faut le choisir, on essaye toujours de choisir les bons endroits, nous avons acquis une certaine expérience et un certain savoir-faire avec la participation du partenaire et la montée de performance des équipes MG», a indiqué M. Baccour à Business News.

S’agissant de l’enseigne de l’électroménager Batam, le DG a précisé, toujours dans une déclaration à Business News : «Nous allons continuer l’expansion de Batam, nous avons trouvé le modèle qui marcherait pour Batam et nous avons une très bonne évolution cette année, beaucoup mieux que ce qui a été présenté pour l’ensemble de la société : Nous faisons quelque chose qui est supérieure à 25%».

 

Hédi Baccour a souligné que malgré une inflation de 6% en 2017, supérieure à l’évolution du chiffre d’affaires de la société qui n’a été que de 2%, MG a tiré son épingle du jeu. Certes, l’enseigne a vendu moins de quantité en 2017, mais elle a su faire un mixe produit qui lui a permis de faire de bons résultats.

«Malgré la conjoncture et la baisse du pouvoir d’achat qui se maintient depuis 4 ans, nous avons mis en place des plans. En dépit d’un CA pratiquement stagnant (+2%), on arrive à réaliser des résultats importants, grâce à l’amélioration de la marge. Cette amélioration n’a pas été faite en augmentant les prix et les taux de marge, mais en modifiant le mixe vendu. On essaye de vendre des produits qui nous ramènent beaucoup plus de marge que les autres. On travaille sur les charges pour dépenser intelligemment, sur des programmes énergétiques sur la chasse au gaspillage, le cost-killing (réduction substantielle des coûts), etc., sur la performance et la productivité notamment des 4.000 employés de MG», a-t-il expliqué à Business News et d’ajouter : «Comme nous avons travaillé sur l’activité détail, nous avons aussi travaillé sur l’activité gros, faisant beaucoup d’investissements et en mettant en place une équipe, ainsi que celle immobilière qui tarde à donner ses fruits. L’activité gros devrait rapporter 5MD par an».

 

S’agissant de la performance de Magasin Général et en réponse à Business News, Tahar Bayahi a tenu à donner la parole à son partenaire Philippe Saudo «qui a une vision avec le recul nécessaire». Ce dernier a répondu : «Je crois que MG a été récompensé par la cohérence de ses politiques de la durée. Dans le retail, ce qui est important, c’est de tenir un cap et de ne pas en changer et ce cap a été tenu à partir de pilier solide : un positionnement prix très compétitif également le développement de produits exclusifs, qu’on appelle marque propre, mais aussi le renforcement des produits frais traditionnels qui sont les achats du quotidien ce qui touche le plus les habitants, mais aussi, une qualité opérationnelle accrue, je pense à la supply chain logistique, où il y a eu de gros efforts qui été faits ces dernières années. Et globalement une très bonne gestion : maitrise de charges, maitrise des marques, maitrise des stocks, ce qui fait la réussite d’une activité de retail. De bons résultats et je tiens à féliciter le management de l’entreprise pour cela».

Concernant l’hypermarché Auchan initialement prévu à Radès, M. Saudo a soutenu : «L’hypermarché fait partie du paysage concurrentiel, mais ce qui était indispensable il y a quelques années car c’était dans l’ère du temps de faire de très grandes surfaces, on se rend compte que dans tous les pays, on est confronté à une difficulté sur les très grandes surface parce que le développement du digital et la possibilité de commander par internet, une très large offre non-alimentaire, fait que la présentation de ces gammes non-alimentaires dans un lieu physique de très grande surface n’est plus forcément ce qui fait le succès d’aujourd’hui et surtout de demain. Pour moi, l’hyper marché est devenu moins stratégique à l’inverse des investissements dans le digital qui eux sont stratégiques, car on sait qu’avec l’usage des smartphones par exemple ça va devenir un passage obligé pour la distribution et une nécessité de se transformer. Les très grandes surface, il faut les concevoir comme des lieux de rencontres et d’expérience et donc plutôt d’imaginer de grands centres commerciaux où les gens vont visiter ces centres, vont vivre un bon moment, des lieux de loisir, de restaurations et de commerce également, mais la très grande surface seule, moi je serai très prudent sur ce concepte-là».

 

La grande distribution peine à s’en sortir en Tunisie, avec la conjoncture actuelle et la concurrence déloyale du marché parallèle. En réponse à une question, Hédi Baccour a affirmé que la part de la grande distribution dans le commerce est de 20% que se partagent les 4 enseignes de grande distribution (Géant, Carrefour, Monoprix et Magasin général). Deux d’entre elles ne communiquent pas leurs chiffres d’affaires, mais ceci dit, il a estimé la part de marché de MG de 35%. S’agissant de Aziza et de sa montée fulgurante, il a indiqué que cette dernière a refusé d’intégrer la Chambre des grandes surfaces se considérant détaillant. Certes, cette nouvelle enseigne a un plan d’expansion ambitieux, mais son résultat fiscal cumulé est de 53 MD de perte. «Aziza fait du chiffre mais pas du résultat», a-t-il noté.

Concernant les dégâts subis par l’enseigne lors des derniers grabuges du début de l’année, M. Baccour a précisé qu’ils sont estimés à 80.000 dinars pour la grande distribution, dont 40.000 pour MG.

 

Tahar Bayahi a estimé, pour sa part, que vu la situation actuelle du pays, la société a une mission, sa taille actuelle lui permettant d’intervenir : «aider les Tunisiens à gérer leurs budgets, en répondant à leurs besoins et attentes  avec le prix le moins cher et avec un budget alimentaire de moins en moins couteux». L’enseigne travaille ainsi sur des gains de productivité en ayant une relation différente et de partenariat avec ses fournisseurs, permettant à ces derniers d’être plus efficients et à l’enseigne de mieux se positionner, notamment sur les fruits, légumes, viandes et poissons et en créant des filières qui n’existent pas aujourd’hui, a expliqué M. Bayahi.

Ce mixte produit sera complété par la large gamme Auchan de produits hors alimentaires, certes l’importation est compliquée aujourd’hui mais il y a de belles opportunités offertes, a soutenu Philippe Saudo.

 

Concernant l’action MG et les achats en bloc opérés par la société et par ses actionnaires de référence, Tahar Bayahi, a confié dans une déclaration à Business News : «Les actionnaires de références ont continué à acheter le titre MG, qui est une traduction d’une conviction et de confiance absolues dans l’entreprise. Nous sommes absolument convaincus que l’entreprise est sous-évaluée, que ça soit par rapport à son actif ou à son potentiel. Nous continuerons chaque fois que nous aurons la possibilité de renforcer notre position. Nous croyons très fort dans cette entreprise qui a démontré dans les 10 dernières années qu’elle est capable de se transformer et d’atteindre un niveau intéressant».

«Au cours de l’année actuelle nous serons acheteurs, a appuyé Philippe Saudo, effectivement comme le dit M. Bayahi, actuellement dans le monde, il y a une sous-évaluation des sociétés de distribution parce que quand on regarde ne serait-ce que les actifs de ces valorisations, il y a du potentiel !»

 

S’agissant des perspectives de Magasin Général jusqu’à 2020, Hédi Baccour a affirmé que l’enseigne table sur une évolution de son taux d’EBDITA (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) de 0,5 à 1 point par an, soit 2 points en 3 ans.

 

Malgré une situation difficile, Magasin Général a su préserver sa position et même la renforcer au sein de la grande distribution, en offrant un mixte produit qui plait à sa clientèle et surtout qui lui permet de réaliser une hausse de son bénéfice malgré la stagnation de son chiffre d’affaires.

 

Imen NOUIRA

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Commentaires (2)

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stuc
| 13-06-2018 12:26
le meilleur exemple pour ceder les stes deficitaires aux prives,si la sacro sainte UGTT le permet evidemment.

off
| 12-06-2018 22:03
Je trouve les analyses du groupe un peu léger, voir même du niveau élémentaire. Dire que le développement des grandes surfaces surfaces n'est plus stratégique en raison du numérique est une idiotie car le numérique en Tunisie n'est pas prêt à se développer ! J'ai beaucoup de doute sur la capacité de ce groupe à réussir dans ce domaine extrêmement difficile. Je pense plutôt qu ce groupe recherche à revendre les supermarchés le plus rapidement possible sans prendre trop de risque.

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